BRM 400 Grenoble 2018

Ce brevet de 400 je l’avais déjà fait en 2013, première expérience du vraiment long avec une nuit complète à rouler, en grande partie seul.
Cette année le départ est à 4h du matin, donc si je me base sur mon temps de 2013, je devrais arriver vers 22h30.
Je m’étais trompé 2-3 fois et j’imagine que mon niveau est un peu meilleur qu’en 2013, mon objectif c’est de rentrer avant 22h.

Ma préparation n’est pas spécifique à ce brevet, je m’entraine pour le Celtman, seulement 200km et 2000d+ mais j’ai un bon foncier et je commence à avoir des watts dans les jambes.
La prépa hivernale s’est bien passée avec beaucoup de séances de home trainer et j’ai pu faire 2 tours du Léman et quelques sorties de 3-4h en endurance. Aller au bout ne sera donc pas un souci.

Le départ à 4h me soucie un peu, j’avais en tête un départ à 10h du mat, là il va falloir que je passe la nuit à Grenoble. Heureusement je trouve le camping des Trois Pucelles, à 4km du départ, parfait :)

J’ai remonté mon titane en mode randonneuse. Il a une roue dynamo à l’avant et les lampes avant et arrière. J’ai sous la selle une sacoche Adipura de taille moyenne.

Dans la sacoche j’emmène le matériel de réparation, 2 chambres à air, un maillot de rechange au cas ou je me ferai bien mouillé, une veste de pluie, un chargeur pour le gps et une frontale.
Pour la nourriture 6 fajitas, 3 bananes, 8 figues, un demi gatosport et 100g de noix salés.

Je pars avec un merinos manche longue et un maillot rapha brevet, cuissard court.
Dans les poches j’ai 2 bananes, 4 fajitas.

J’arrive donc vendredi soir après le boulot, je m’installe au camping et après avoir mangé une bonne assiette de pâtes j’essaye rapidement de m’endormir.

Malheureusement le sommeil ne viendra pas avant 22h30, pour un réveil à 3h ça fait peu mais c’est déjà pas mal.
Je m’habille et mange ¼ de gatosport, je n’ai pas très faim si tôt.

Je longe le drac et me retrouve en 10min à la place de Sfax, départ du brevet.
Je retrouve Brigitte, Pascal et Laurent, déjà rencontré sur d’autres brevet. On est une cinquantaine au départ.
Je salue Jean-Philippe l’organisateur qui me remet ma carte de route.

4h10 nous nous élançons sur la voie verte. Je me positionne tout à l’avant pour discuter avec JP. J’ai enlevé le manche longue au départ mais en roulant il fait assez froid et je décide de faire une halte pour le renfiler.
Tout le peloton me dépasse mais comme ça roule de façon contrôlée jusqu’à Voreppe, je remonte facilement pour revenir devant.

Arrivé à Voreppe, on est rapidement au pied du col de la Placette. Je profite d’un arrêt pour enlever le mérinos, je suis suffisamment échauffé et le col de 5km va me mettre en condition.

Je suis la tête de peloton lorsqu’on attaque le col.

Tiens si je vous parlais de mon plan de route.
J’ai monté le capteur de puissance sur le titane, je vais donc rouler à la puissance, et sans cardio. Mon plan c’est de tourner autour de 200w de moyenne, 190w sur le plat, 230-240 dans les bosses. D’après best bike split, ça me fait rentrer en 14h20 sans pause. C’est très optimiste je trouve, mais on verra bien ce que ça donne à la fin.
J’aimerais bien ne pas rouler seul pendant les longues lignes droites, par contre la Valserine qui est un long faux plat je préfère la faire à mon rythme. Et puis j’aimerai bien finir avec les costauds donc je vais essayer de les suivre au début.

Donc premier col, le gars devant moi roule déjà fort, il me faut 280w pour le suivre, yolo le plan de route. Rapidement 2 gars nous double et là il faut maintenant 300w pour suivre. Ça c’est mon seuil sur 1h, à ce rythme le col va être avalé en 20min, mais dans la première heure d’un 400 c’est peut-être un peu violent. Je décide de lever le pied, 280w me permet de les garder à vue.
Maintenant c’est Pascal “Bonnet rouge” qui me double, en danseuse comme toujours. Sacré rythme dans la montée.
Donc 4 gars devant moi et un groupe dans ma roue, voir devant moi de temps en temps mais au même niveau.
Le col se termine et on attaque la descente, je perd de suite mon groupe et reprend Pascal. Les premiers ne sont plus visible à la bascule.
Je n'appuie pas dans la descente, mais attaque quand même. En bas je n’ai plus personne derrière moi mais je vois une loupiotte pas loin devant.
Je me colle à 210w et le reprend rapidement. Il me dit qu’il y en a encore 2 devant. Je continue sur ma lancée et il me prend la roue. En quelques kilomètres je retrouve les premiers et on forme un petit groupe de 4. Ca prend des relais, c’est sympa. Mais les sensations sont pas excellentes, ça va, ça roule, mais c’est pas les jambes des grands jours, j’ai pas l’impression que je vais pouvoir craquer des allumettes toute la journée comme c’était le cas sur mon dernier léman.

Il fait encore nuit, et quand je suis devant c’est un peu compliqué aux intersections, j’ai désactivé l’auto-éclairage sur le GPS pour conserver la batterie, et donc je n’affiche pas la carte. Alors de temps en temps je vérifie, mais 2 fois de suite je me trompe et j'emmène tout le monde avec moi. Si bien qu’un des compagnons fini par gueuler les directions à chaque croisement …

Bon à chaque bosse, il faut que je tape 300w pour les suivre. Alors je sais qu’elles ne sont pas bien longue, mais ça se répète souvent, on est qu’à 70km ca fait encore un bon bout.
Mon objectif c’est pas de faire du seuil dans les bosses pendant 100 bornes puis de me traîner tout le reste. Je décide de les laisser partir et je me call sur un truc plus raisonnable entre 250 et 280w, ce qui en général me permet de recoller dans les descentes ou assez rapidement sur le plat. Parce qu’en poussant 210w sur le plat je vais plus vite qu’eux, ensuite une fois dans les roues, je suis peinard à 150w et je prend des relais à 200.

Le jour se lève

Un peu avant Chanay, je fini par me faire décrocher, ils sont 200m devant, mais on roule à la même allure sur le début de faux plat vers Bellegarde. Mais là je retrouve mon équipe de fans :)
Y a Nico et Baptiste qui font leur tour du weekend et qui sont venu à ma rencontre, pour remonter la Valserine avec moi.
Ils me disent que les premiers sont juste devant, oui oui, je sais :) Et je vais pas chercher à les reprendre, surtout que leur rythme dans la remontée de la Valserine risque d’être trop élevé pour moi. Autant rester peinard à mon rythme derrière.

J’annonce aux copains que j’ai pas la forme des grands jours, et là ils me regardent bizarrement, j’ai tourné à 28 de moyenne depuis 110 bornes ça doit pas aller si mal que ça :)
1kmh de mieux qu’en 2013, 10min de gagné.

Alors on roule ensemble jusqu’à Bellegarde, et au bénéfice d’un profil descendant, on reprend le groupe de tête.
Mais je les laisse repartir sans m’accrocher dès la bosse de Lancrans. La Valserine ce sera avec mes potes, et peut-être que je retrouverai les autres après la descente sur St Claude.

Donc c’est bien sympa de papoter, je garde un oeil sur les watts, pour pas me laisser aller ou trop en faire. C’est que dans les bosses les copains vont un poil vite, et sur le plat un poil lentement. Nico fini par trouver mon rythme et me donne 2-3 bons relais. Baptiste lui est pas en jambes et fait tout à l’économie.

Merci Baptiste pour la photo: Dans la valserine

Les copains ont entendus les autres à Bellegarde dire qu’ils allaient finir vers 18h30. Hmmm comment dire, c’est quand même très optimiste. Mais quand je vois ma moyenne, je réalise que je vais finir bien avant 22h. 21h devient un objectif réalisable.

Merci Baptiste pour la photo: Contrôle à Mijoux

Arrivé à Mijoux, Nico nous quitte et je fais la montée de Lajoux avec Baptiste, c’est en haut qu’il fait demi tour pour aller rouler avec les autres copains qui sont 35min derrière moi.

En haut de Lajoux la pause nature m’appelle. Je trouve un petit coin de forêt bien agréable pour faire mon popo.

J’en profite pour transférer la nourriture de la sacoche vers les poches du maillot, mettre le gps en charge et je repars.
Je fais la descente de Septmoncel rapidement, mais j’imagine bien que je ne vais pas rattraper les autres à moins qu’eux aussi aient fait la pause.

Sur la première partie, donc jusqu’au point le plus haut du parcours Lajoux à 174km j’ai fait 25.8 vs 24.2 en 2013 soit 40min de gagner.

La partie suivante du parcours avait été faite de nuit en 2013, avec des odeurs et des bruits extraordinaire.
Là c’est de jour que je la fais et je profite du paysage, le bord de l’Ain est magnifique, et je suis envahi par les odeurs d’ail des ours qui fleurissent.

Bon personne en vue devant, ni derrière. Je suis seul, je roule. J’ai mal au cul alors régulièrement je me met en danseuse et je change de position sur la selle. J’essaye de rester le plus aero possible. Y a 1.5kmh de différence entre les mains sur les cocottes et les mains en bas du guidon. J’ai aucun soucis à rester les mains en bas. Par contre allongé sur le guidon comme sur un vélo de chrono, sans les barres ça se tient pas longtemps. Pourtant c’est encore 1kmh de gagné.

Il commence à y avoir de sacré lignes droites. Et un peu de circulation. Mais rien de dangereux.
Je passe le col de France sans soucis, et derrière ça renchaine sur les longues lignes droites.

Vers 16h je commence à sentir la fatigue. Alors je remets du rythme. Ca tombe bien j’arrive à la bosse qui permet d’éviter la grosse départementale après Ambérieu. Ca passe bien, par contre j’arrive au bout de mon stock de Fajitas, Il me reste ¼ de gatosport 2 bananes, 4 gels et des noix salées, et surtout 80km !!!
Alors 80km pris tout seul, ça se fait à jeun. Mais là après 12h30 de vélo j’ai plus trop de réserve. En théorie vu mon allure je tape que dans le gras, réserve quasi illimité vu mes quelques kilos de trop actuels. Mais la sensation de faim est bien là. Je commence à penser sérieusement à faire une pause boulangerie, un bon flan, un coca, ça pourrait bien le faire. Mais d’un autre côté je suis sur une potentiel arrivée avant 20h si je tiens la moyenne, et vu le profil, y a pas de raison. Je décide d’attendre le dernier contrôle à 56km de l’arrivé.
Et là c’est le mini drame. Le gps est pas super précis lors d’un passage le long du Rhone. Je ne sais pas si la trace me dit de prendre la route ou la piste cyclable. Dans le doute je prend la piste cyclable. Elle est dégueulasse. Du gravier, des branches, et forcément, pshhttt je crève :(

Bon pas de soucis j’ai le matos. J’enclenche le chrono et je m’attelle à l’ouvrage.
10min plus tard le vélo est réparé prêt à rouler. C’est reparti.
Rapidement je trouve que j’ai pas mis assez de pression dans le pneu. Bah c’est pas bien grave, ce sera plus confortable pour finir. Mais au bout de 20min c’est vraiment mou.
Rahhh non le pneu se dégonfle lentement. J’ai pourtant tout fait proprement, repéré le trou, vérifier que rien n’est resté dans le pneu. Mais en fait c’est la chambre qui est poreuse.
Cette chambre elle est sous ma selle depuis 2 ans. Et elle est usée.
Bon bah 2e arrêt, je ressors tout le matos et je répare. Chrono enclenché.
Au bout de 8min je suis en train de finir de regonfler le pneu. Et au moment de dévisser la pompe, c’est le bout de la valve qui se dévisse et tout l’air se vide du pneu. Rahhh.
Je revisse la valve, repompe, et rebelote même problème.
Je commence à avoir mal au bras de pomper comme un damné.
3e tentative, j’ai serré la valve à mort, la pompe au minimum, mais encore une fois tout l’air s’échappe.
Alors je démonte la valve de la chambre poreuse, je la visse sur la nouvelle chambre, et là miracle ça tient.
18min plus tard je suis à nouveau sur la route, avec un pneu bien gonflé, et j’ai même pris le temps de mettre un peu de graisse sur la chaîne. Au boulot, il faut finir.

Bon avec le retard, finir avant 20h n’est plus possible. Mon nouvel objectif c’est finir avant la nuit. Alors plus question d’arrêt boulangerie. Je vais taper dans les gels!

Les gels j’ai arrêté d’en utiliser sur le long depuis quelques années. Ça fait du déchet, même si on les garde dans la poche, ça sera quand même un bout de plastique non réutilisable ou un emballage jetable. Et ces trucs tout chimique c’est pas terrible pour l’organisme.
J’essaye au maximum de rouler avec de la vraie nourriture. Des sandwichs, du gâteau (le gatosport dont je parle est une recette maison, pas le truc industriel), des fruits secs ou frais, des noix. Je garde quand même au fond de la poche quelques gels pour les coups dur. Une hypo, ou une panne sèche. Donc là y a pas, faut utiliser les gels.

Les kilomètres défilent, me voilà dans les gorges de la Chaille, ça grimpe tranquillou, les cannes répondent toujours. Puis voilà le col de la Placette, par l’autre face ce soir. Je commence à 250w, mais je me sens vraiment bien et finis à 280w. Bonne descente jusqu’à la voie verte, puis c’est le 15km de plat jusqu’à Grenoble. Je garde le rythme, ça va le faire.
Et voilà le pont, la place de Sfax, puis la boite aux lettres. Il est 20h27, il fait jour, mission accomplie :)

Cette deuxième portion je l’aurai roulée à 28.4kmh vs 24.1kmh en 2013. (Pause comprise) Je finis avec 2h de moins qu’il y a 5 ans. Et un reverse split.
J’aurai roulé les 230 derniers kilomètres complètement seul, et pourtant je n’ai pas vu le temps passer.
Bref une bien belle balade, ça fait plaisir de revoir les brmistes après 3 ans sans brevet. Un bon état de forme après la préparation hivernale, c’est prometteur pour le celtman.

Et le PBP?
Je suis assuré de pouvoir m’inscrire, je sais qu’avec une bonne préparation je peux aller au bout. Mais j’ai quand même bien souffert du postérieur.
Je pense que ma brooks cambium C13 est trop fine pour le long. Il va falloir que j’essaye avec ma C15 et peut être racheter un modèle large de la C13.