Challenge Roth 2019

Bon, 2 DNF d’affilée pour la qualification Paris-Brest-Paris, je peux vous dire que le moral n’était pas au beau fixe. Ajoutez une entorse venue de nulle part et 4 semaines de coupure d’entrainement course à pieds pile au moment de l’augmentation du volume en cap. Saupoudrez de 2-3 coups de stress dans la gestion familiale , et le mec était au fond du gouffre à 3 semaines de la course.
Ah j’oubliais, le zeste de canicule qui empêche de dormir et qui transforme tout entraînement en séance de survie et tout d’un coup les objectifs sont revus à la baisse.

En juillet dernier, je m’inscrivais au Challenge Roth 2019, parce que c’est rigolo de faire la malin dans les montagnes, sous la pluie ou au milieu des méduses, sans aucune référence de temps et où juste le fait de finir est déjà magique, mais le bonhomme est tout de même assez compétitif, pis la fusée (mon vélo de contre la montre) avait envie de faire autre chose que du home trainer. Donc Challenge Roth, la course la plus rapide du monde sur le format ironman, on y va pour faire un temps!
Le jour de l’inscription c’est premier arrivé premier servi, j’avais donc 3 ordis connectés sur le site pour m’enregistrer. Les 2500 dossards sont partis en 2 minutes, rapide je vous dis cette course.
On est 3 inscrits du groupe des gessiens: Sylvain Jeremy et moi. Lors de la réouverture des inscriptions après les impayés, Laurent chope une place, puis à Noël pour les toutes dernières c’est Denis qui se retrouve dans la troupe.
Donc on est 5 à aller prendre le départ un an plus tard. Tout le monde fera son chemin avec les déconvenues , les blessures, les réussites qui au final nous amènent tous le jour J à peu près en état au départ de la course.

Moi le jour de l'inscription j’ai annoncé: ce sera sub10

Sub10: Nager 3.8 km, rouler 180 km et courir 42.195 km en moins de 10h. C’est un peu comme passer le mur du son en triathlon.
Mon plan est simple: sub1h en natation, sub5h en vélo, sub4h en cap. Et à chaque fois avec suffisamment de rab pour les transitions.
En natation je flirte régulièrement avec l’heure mais je ne l’ai encore jamais passée , 1h04 lors de l’Alpsman en 2017. En vélo, j’ai jamais fait du tout plat en mode contre la montre, j’ai quelques lémans autour de 34 km/h, il faudra faire plus de 35 km/h et finir frais pour le marathon pour passer sous les 5h. En course à pied j’ai un vieux PR à 3h45 sec et mon marathon de l’IM Nice c’était 4h36, je sais que j’ai le 3h30 dans les jambes à sec, j’ose imaginer à l’époque qu’avec un bon entrainement je puisse faire l’exploit sur IM, mais un 3h45 est me semble-t-il bien envisageable.
Bref, c’est pas du tout cuit, mais si ça passe, c’est beau!

Donc à 2 semaines du départ, ma sortie la plus longue en cap c’est 16km, j’ai réussi à tourner à 40km par semaine pendant 3 semaines, mais disparu le 4’50 easy du mois d’avril, maintenant je peine à 5’15, putain de canicule.
Le vélo, vu ce que j’ai donné sur 200-300 et 400 sur les brevets, j’ai “très” bon espoir de taper le 36 km/h, les simulations sur best bike split me donnent un 37 km/h de moyenne pour une puissance que je peux largement tenir.
La natation y’a des semaines avec et des semaines sans. Des jours à 1’30 de moyenne sur 2k et d’autres à 1’40. On verra bien, faudrait faire 1’34 pour passer sous l’heure au 3.8km.

On se déplace à 3 dans le van pour se rendre à Roth, il y a Sylvain et ma petite amie Murielle.
10h de route pour arriver à Roth, beaucoup de circulation et de bouchons, mais on avait le temps donc no stress.
On récupère nos dossards le vendredi au village de course, très très gros village pour un triathlon,
puis on installe le campement sur le parking du plan d’eau du Rothsee, à 300m du départ. Le soir Pasta party avec tout le groupe, puis retour au camping. On a eu une chance de ouf au niveau des places pour garer le van , truc de fou!

Allez savoir pourquoi on nage dans le canal et pas dans le petit lac à côté

Samedi matin, entrainement natation dans le canal, en combi. Le gros buzz de cette année c’est que la natation risque de se faire sans combi, l’eau est à 25° pour une limite combi à 24.5°.
Samedi matin elle est à 24.2°, le soleil tape sur la combi noire, ca chauffe, par contre sur le kilomètre d'entraînement intensité course, ça file à 1’32/100m, très très encourageant.
On s’enfile un mega déj, puis petit tour en vélo pour tester le matos: 35 km/h à 225w moyen, 245w normalisé, merde c’est moins rapide que sur les prévisions, va falloir pousser fort sur les pédales pour atteindre l’objectif.
On prépare les vélos et les sacs de transition et on va ensuite au parc à vélo.
Vérification scrupuleuse du vélo à l’entrée, je pose le vélo puis le sac et on rentre en courant au camping pour finir notre dégrippage d’avant course. Il fait 29° et le 5’/km est pénible, clairement 3h30 ça va pas passer.
Je suis bien stress, ca va être chaud chaud chaud cette histoire. Murielle fait de son mieux pour me déstresser, mais je suis une pile électrique et c’est chaud. Merci de ta patience Murielle. Ododo à 21h pour un réveil à 4h30.
Endormi vers 22h, réveillé à 4h10, sommeil de plomb, pas mal.
Le ciel est couvert, on annonce 24° max dans la journée, la météo est avec moi.
Le popo se passe bien, puis petit déj. Pour une course avec intensité je zappe le typique english breakfast pour un thé et gâtosport maison.
Je me farte le corps au body glide, enfile ma tenue de lumière et on part pour T1. En route je réalise qu’on a oublié les fajitas et la pompe à vélo. Merde!
Heureusement Murielle est en vélo, elle fait rapidement l’aller-retour pour récupérer ce qui nous manque.
J’aurais pu m’en passer, mais je préfère partir avec de la vraie bouffe, en cas de “creux”.
Mon plan nutrition c’est 6 gels noisette winforce sur le vélo et 4 sur le marathon, c’est light mais ça doit suffire, en cas de faim je tape dans ce qui traîne sur les ravitos, et avec une fajitas au départ du vélo et une 1h avant la cap, je dois être au poil.
On arrive sous la pluie au parc à vélo à 5h45. Ambiance de fou, beaucoup de monde, musique classique, ça donne l’impression d’entrer dans Disneyland. J’enfile ma combi à l’abri d’un arbre à côté des pros, Murielle prend d’ailleurs une superbe photo de Cameron Wurf et moi

J’échange 2-3 mots avec lui, mais j’ose pas trop le déranger, il est focus.
Dans ma nouvelle combi (oui c'est la même que la précédente :) )

Un bisou et je pars trouver comment on s’échauffe, malheureusement j’apprends que c’est pas possible, on a tout juste 5’ pour rejoindre la ligne de départ et zou :(
Retour voir Murielle encore un bisou et c’est mon heure.
J’attends avec le groupe de mon slot de départ: 7h pour 10h de course, des mecs de 6h55 se pointent mais trop tard, ils vont prendre 5’ dans les dents gratos parce que pas foutus de se pointer à l’heure sur la ligne.
J’entre ensuite dans l’eau dans les premiers, je fais des sprints pour essayer de faire chauffer tout ça, et là ma puce de timing se fait la malle. Heureusement elle n’a fait que glisser sur la cheville, je m'arrête, la défais puis la replace plus bas sur la cheville, plus serré, tout ça en apnée, sous l’eau. Ensuite je m’oriente vers la barque au milieu et je m’y accroche pour partir. Ca me semble un endroit stratégique, devant la barque il y aura de l’eau libre où je pourrais poser ma nage sans me faire monter dessus.
Pan c’est parti, pour je l’espère une journée de moins de 10h :)

Comme prévu, j’ai de la place en partant derrière la barque, je pars assez fort et cherche les gars qui nagent à la meme vitesse, je trouve un groupe et me glisse dans les pieds, pas de coups, pas de baston, tout se passe nickel.
Après quelques minutes, je regare ma montre, c’est parti à 1’25, houloulou.
Bon rapidement ça ralenti et ça se stabilise à 1’34 pour le premier 500m. Parfait.
Je me sens bien, j’ai pas mis de ceinture cardio, aucun sentiment d’oppression comme ça me le fait parfois quand je m’échauffe pas assez. Je pose bien ma nage, ça glisse, je me sens bien. J’espère que ça va tenir 3.8km comme ça. Deuxième split de 500m à 1’33, ca va vraiment bien. Pas mal aux bras, ça défile. Je lève la tête, bon sang faut le nager loin ce premier bord, doit bien y avoir encore 500 m à faire. J’ai pas bien regardé le parcours nat tellement il est simple. On part à droite, demi-tour, longue ligne droite qui dépasse l’arrivé encore 300 m puis retour. Donc en réfléchissant un peu je réalise qu’il y a 1600m à faire sur ce premier bout.
3e split à 1’35 attention ça ralentit. Je relance et change de pied.
4e split à 1’34, parfait. On a fait le demi-tour, mais là c’est la merde, on a rattrapé les lents de la vague précédente, j’ai perdu les pieds qui allaient bien, et je me retrouve coincé derrière des gars qui avancent pas. Bon bah je double, je double, et je double encore. Mais je me profite plus de l’aspiration des gars plus rapides que moi, et je commence à ralentir, 5e split 1’36, 6e 1’38 houhhhhh, 7e 1’38 encore, je regarde ma montre, 58’ je vois l’arrivée, je donne un gros coup de bourre pour finir, mais ca ne sera pas suffisant, je sors en 1h01’29. Bon c’est pas le sub1h mais c’est vraiment pas loin et c’est ma meilleure nat sur IM, la journée commence pas trop mal.
T1: On m’aide à me redresser, je vois Murielle tout sourire qui m’encourage, et je m’élance vers la tente, j’attrape mon sac rouge au passage, et, à peine entré dans la tente, un bénévole attrape mon sac, le vide par terre, m’aide à enlever ma combi, et me tend les affaires que je lui montre du doigt, en moins de 2’ je suis sorti de la tente, ça c’est du service de qualité sur un triathlon!
Bon mon dossard s‘est enroulé sur la ceinture, en démêlant un bout s’arrache, merde.
J’attrape mon vélo et je cours jusqu’à la sortie du parc, je revois Murielle, gros sourire, puis j’enfourche mon vélo. C’est parti pour 5h de pédalage, yeeehhhhaahhhhh.

Bike: Je suis trempé et j’ai pas bien chaud, je roule à 40 km/h et j’ai mon dossard qui flotte au vent car il ne tient plus que par un point. Je le passe sous la ceinture et le plie par dessus, voilà ça bouge plus, ça fait pas de bruit, je peux me concentrer sur ce petit tour à vélo.
Bah oui, je ne pars “que” pour 180km, 5h, pipi de chat!
Bon mon plan de route c’est d’avoir la moyenne au dessus de 35 km/h plutôt 36 même. Tout en restant entre 230 et 250w.
Première demi-heure, 250w et 36 km/h, mince c’est beaucoup de jus pour une vitesse assez moyenne, mais en regardant le profil, c’était assez montant jusque-là. Je fais un lap, et remets à zéro le compteur de puissance, voyons ce que ça donne sur le plat.
Demi-heure suivante, 240w et 42kmh, ah ouais, là on cause.
Depuis le départ je joue au chat et à la souris avec un gars qui a le même vélo que moi je le bouffe sur le plat, et il me reprend dans les bosses, chacun son plan de course :)
Autour de moi principalement des dossards dans les 300-400 donc des gars qui visent 9h30, moi j’ai le 774, pour 10h.
J’ai vraiment bien nagé, parce que ces gars-là sont partis 10-15min avant moi.
Les sensations sont pas extraordinaires , ca me tire déjà dans les jambes, bon c’est pas violent hein, mais c’est pas sans effort de se bouger à 38km/j. Facile de connaitre ma vitesse, au bout d’1h j’ai fait 38km :)
Première bosse du parcours, je la passe principalement dans les barres, et me mets un peu en danseuse histoire de détendre les muscles en changeant radicalement de position.
Je reste sur les barres jusqu’à 25 km/h, ensuite je passe assis, et en dessous de 20 km/hje me mets en danseuse.
6 km à 2%, 270w de moyenne pour 25 km/h je reste bien à ma place dans ce “peloton”, la course est vraiment propre autour de moi, personne ne drafte, ça double bien à l’écart, c’est vraiment classe.
La moyenne repasse à 35 km/h après cette bosse, mais derrière ça file: 38 km/h pour 230w. L’organisation des ravitos est géniale, je n’y perds pas une seconde, je ne m’arrête même pas. Je choppe une gourde dès l’entrée, remplis mon bidon intégré avant avec, lance la gourde, attrape à manger ou une gourde d’iso, jette mes déchets, attrape une dernière gourde d’eau pour faire passer tout ça à la fin, et c’est reparti. Je n’ai pas posé le pied à terre une seule fois pour me ravitailler pendant la course, énorme!
C’est à 36 km/h que j’arrive au pied des bergs, j’avais annoncé à Murielle que je serai en moins de 2h au SolarBerg km 70 . Ca fait 1h53 et j’arrive au pied d’une première montée bordée de monde. Je sais que c’est pas encore Solar, y a pas encore le kilométrage, mais déjà y a du jus, la route est peuplée de monde sur 5-6 rangées, musique bien forte, ambiance de fou. Ca gueule, ça fait du bruit. Je passe en danseuse et double 4-5 mecs, ouahhh c’est bon ça!
Petite descente derrière et j’entre dans Hilpoltstein et alors là c’est un autre monde. Au pied de Solar la route est protégée par des barrières, de chaque côté un monde fou, les barrières se resserrent et m’emmènent au pied du SolarBerg, et là c’est le feu!
Les barrières se resserrent jusqu’à n’être espacées que d’1m, puis disparaissent, et là on est lâchés dans la foule. Y’a tout juste l’espace pour un cycliste, les gens hurlent, l’ambiance est électrisante, on se retrouve en file indienne, pas moyen de doubler, mais en fait t’as pas envie de doubler, tu profites, tu te fais porter par la foule. Je suis en danseuse, je cherche Murielle, mais dans cette foule ça va être compliqué de la retrouver. Tous ces visages, ces encouragements c’est de la folie. J’arrive en haut de la bosse (5.5%, 280w), pas vu Murielle, je zappe le ravito et relance, allez Tom pousses pousses pousses, t’es bien là, rechargé à bloc, 35 km/ de moyenne et les bosses sont passées, à combien je vais finir ce premier tour?
La fin du tour est une formalité, ça roule fort, la moyenne remonte, 240w pour 41 km/h. Je repasse devant T1 virage à gauche après le pont, et c’est reparti.
Bilan du premier tour: 36.4km/h pour 247w c’est dans la tranche haute d’intensité que je voulais mettre, mais pile-poil la vitesse dont j’ai besoin pour faire ce sub5.
Le bonhomme est bien, après les bergs, les jambes se sont détendus, je me sens même mieux qu’au départ, je décide que ce goup-là je vais appuyer un peu plus dans les bosses, allez go go go.
Bon il se passe un truc là, y'a du monde de partout sur la route. En fait il y a eu des départs jusqu’à 1h après moi, plus 1h-1h30 de natation, et donc ces gens là montent sur le vélo 2h15 après moi, je suis donc en train de doubler des athlètes qui viennent de sortir de l’eau.
J’ai l’impression qu’ils sont à l’arrêt, plein de gars sur des vélos de ouf, mais pas posés sur les barres, ça roule à 30 km/h, et moi je ronronne à 38…
Les arbitres vont avoir du taff, parce qu'il y a de gros paquets maintenant. Moi je roule le long de la ligne médiane, et je double, je double, je double. Je me demande si je vais passer Denis, je fais des calculs rapides, mais ne connaissant plus son heure de départ, ça m’aide pas beaucoup.
La vitesse moyenne tourne autour de 36, ça descend un peu en dessous avec les bosses, et ça remonte au-dessus dès que c’est plat, je commence à avoir bon espoir de le faire ce sub5.
Les jambes sont un peu raides, mais pas pire qu’au premier tour et quand il faut appuyer sa répond bien, très bien même, quel régal.
Bon depuis la fin du premier tour j’ai une grosse envie de pisser, j’essaye de mettre à profit une descente en ligne droite, mais y a vraiment beaucoup de monde pour pisser en vol, c’est pas que ça me gêne de montrer ma bite pendant la course, mais j’aimerais pas me planter, et même sans pédaler je double certains athlètes en descente.
Je décide qu’à la prochaine montée, je m’arrête au sommet pour pisser. 1’ chrono l’arrêt pipi, bah faudra pas en faire trop.
Après cette courte pause, je repars bien remonté, 2e passage au SolarBerg, toujours aussi énergisant, ce coup-là, la foule est un peu écartée , je peux doubler et ça déchaîne encore plus les spectateurs, quelle folie ce truc!
36 km/h de moyenne générale après la bosse, et je sais que derrière ça va filer, donc c’est sûr , je vais taper le sub5, ouahhh c’est bon ça!
A ce moment là une monstro mule me dépasse, Arndt, le gars a le double de mon gabarit, dans chaque bosse il est scotché, mais sur le plat bon sang ce qu’il envoie, c’est impressionnant.
2e passage à T1, puis à l’embranchement je pars à droite, pas de 3e tour, je profite qu’il y ait moins de monde pour pisser en vol, je veux pas avoir à m’arrêter ou perdre du temps à T2.
Aucun soucis d’exécution , la combi du Zerod du club est nickel pour ça.
2km avant T2 il y a un gros regroupement, je me tiens à distance, ça sent la pénalité, et une pénalité à Roth c’est 5’ d’arrêt et 1km de plus au marathon!!!
Et ça rate pas, un arbitre arrive, et bim bim bim 3 cartons, content d’avoir levé le pied et laissé les 12m réglementaires.
Sur le parcours je me suis fais reprendre 2x, dans les mêmes conditions à chaque fois, un gars me double, se rabat trop tôt et coupe son effort, je me retrouve trop près, et l’arbitre passe à ce moment-là, et il pense que je suis en train de dépasser et me dit d’accélérer le mouvement et je me retrouve à doubler le mec qui vient de me doubler.
Heureusement j’étais toujours bien en-dedans et ça n’a jamais été un problème de remettre 100w pour passer un mec.
Bien content de pas avoir 1km de rab à courir.
300m avant l’arrivée , j’enlève les pieds des chaussures, en passant la ligne, un bénévole récupère mon vélo et je file vers la tente.
4h54’26, le sub5 ça c’est fait, et j'efface la minute de rab en natation et la première transition.
Mon sac est le premier de la rangée, bien en évidence, j’ai vraiment chatté sur mon placement en transition.
Arrivé dans la tente, une bénévole me prend en main, m’indique un endroit où m’asseoir et vide mon sac, j’enfile mes chaussettes pré-nokées, mes chaussures, change de ceinture porte dossard, j’en avais prévu une 2e, attrape mon bandeau et zou c’est parti, moins de 3’ de transition, oh yeaaahhhhh.
Bon j’ai 3h57 pour courir ce marathon, go go go.

Run: En sortant de la tente, j’attrape à boire, une éponge sur la tête pour me rincer le visage incrusté de sel, et s‘est parti, je cherche Murielle, mais je ne la vois pas, peut être est-elle un peu plus loin sur le parcours. (en fait non elle était au niveau des éponges et je ne l’ai pas vue, j’ai commencé à la chercher juste après l’avoir dépassée)
Après être descendu du vélo, le run jusqu’à la tente était bien compliqué, mais les 3’ de pause m’ont requinqué, je pars avec le pas léger, je me sens vraiment bien. Petit coup d’oeil sur la montre, 4’40 au kilo, ohoh tout doux mec, tout doux.
Je me freine, mais ça tourne à 4’50, ma vitesse de croisière en avril dernier. Bon il fait pas trop chaud, je me sens bien, si ça se trouve ça va passer. Je me pose pas trop de questions et laisse filer en essayant de pas non plus faire n’imp. Check du cardio, 155, ca va, ca peut tenir.
Belle descente au bout d’1km, mais je vois des flèches dans l’autre sens, et je sais que c’est dans un paquet de kil qu’on va repasser là, ouhhhhh ça va piquer.
Je cours à la même allure que les gars qui ont posé le vélo en même temps que moi, dossard 300-400, donc 9h30, forcément à cette allure c’est marathon en 3h30, je me prends à en rêver, mais au bout de 4km, ca commence à ralentir, j’essaye de garder l’allure mais le cardio décolle, 160-165, nop, je fais pas 35km avec le cardio à ce niveau, surtout que j’ai LA DALLE.
J’ai perdu ma 2e fajitas sur le vélo, donc va falloir compenser. Je croise les pros, j’ai fait 7km ils en ont déjà fait pas loin de 30, pas si mal Tom, pas si mal :)
C’est parti pour les longues lignes droites le long du canal, y’a du vent, le ciel s’est dégagé, il fait beau, mais pas trop chaud, les conditions sont vraiment bonnes pour moi. Ma montre indique 5’10 de moyenne, mais d’après les panneaux de kilométrage je suis pile poil à 12 km/h
Je passe d’ailleurs le 12e en 1h, mais en fait ils ont merdé le kilométrage des 3 premiers, le site me donne des spits à 4’30, qui affole un peu mes potes à distance, alors que j’étais à 4’50.
Je croise Murielle, je suis remonté à bloc, trop content de réussir à courir ces allures. Allez Tom GO GO GO plus que 30 km.
Encore un gros aller-retour le long du canal, l’aller est compliqué avec le vent de face, l’allure commence à baisser, je me planque derrière des gars pour m’abriter du vent, quand ça ralentit trop, j’attrape un gars qui double pour aller drafter le groupe devant. Mais je commence à avoir vraiment vraiment faim, je décide de marcher les prochains ravitos pour vraiment faire le plein d'énergie, c’est sur ce sera pas 3h30, mais si je mange pas correctement ca va etre 4h30.
Eponge sur la tête, rincer le visage, boire de l’eau, de l’iso, manger banane et un truc salé, encore de l’eau, encore une éponge, et c’est reparti, voilà le petit protocole de ravito. J’ai aucun soucis à courir, aucune douleur, tout va bien … jusqu’au km18, là les quadris commencent à serrer, vous vous souvenez de ma sortie la plus longue? 16km, bah voilà maintenant ça va commencer à piquer, et sévère.
Demi-tour, vent dans le dos, ça relance, mais c’est de plus en plus dur. Je ralentis inexorablement, je tourne maintenant à 5’30/km, 11 km/j c’est correct, mais ce sera pas 3h30, et ce sera pas 3h45 non plus, mon PR actuel sur marathon.
Km 24 je croise Sylvain qui a l’air bien, ça file, et derrière lui Jeremy, qui a l’air encore mieux.
Je recroise Murielle, km 28, elle est à fond, elle y croit à ce sub10, moi aussi, mais je sais que ça va faire MAAALLLLL.
Elle est en vélo et je la revois 2-3 fois puis elle me donne rdv sur la ligne d’arrivée.
Je croise Denis, il est à 4km et moi 30, bon courage mon pote, je pense à toi.
Et voilà la montée du départ, bon sang ça pique, mais ça passe en courant. Bon les quadris sont complètement cramés, mais ça court encore, un seul objectif, rester sous les 6’/km
A chaque panneau kilométrique je regarde mon temps global, fais la petite soustraction pour les 10h calcule l’allure moyenne requise, et y'a pas à chier, faut rester sous les 6’/km, et ça tient, je cours à 5’40/km, ça veut dire que si je craque pas, je serai bien en-dessous des 10h.
Petit aller-retour en forêt, bon sang y‘a de la bosse roulante, c’est dur, je passe à 6’05 avec les ravitos, faut relancer TOM faut RELANCER.
35 km la dernière boucle, allez Tom cours, cours, 5’45, c’est reparti, ça va le faire. J’ai MAAAAAAALLLLL aux cuisses mais je vais pas craquer maintenant.
Dernier demi-tour, plus que 3km ça sent bon, ça sent très bon.
Je recroise Sylvain, qui sourit plus, hehe c’est dur pour tout le monde ce marathon, ah non, y a Jeremy derrière, facile, dis-donc, il va nous faire un gros truc celui là.
Ca déroule, j’approche, passage dans le centre de Roth, encore quelques virages, je fais le tour du village de course, et, et, et ça y est, voilà l’amphithéâtre, encore un petit tour à l’intérieur et BIM la ligne d’arrivée, 9h51’43s
YEEEEESSSSSSSSSSS c’est fait, j’ai réussi, objectif atteint.
Murielle est là, elle pleure de joie, on a réussi, je la retrouve, on s’embrasse, mes jambes me lâchent, j’ai du mal à bouger, mais j’ai réussi.